« L’avenir de la fourrure réside dans son passé »

En effet, affirme-t-il, à l’échelle mondiale, les stocks existants de pièces en fourrure disponibles suffisent à assurer la production de nouvelles pièces aux standards qualitatifs du neuf, sans appel de nouvelles peaux, c’est à dire sans élevage ni abattage pour les 30 années à venir.

Les sites spécialisés dans la vente de pièces de seconde main regorgent de pièces de fourrures démodées accessibles à des prix inférieurs à ceux la matière première, des peaux neuves !

C’est partant de ce constat, et murissant, avec le temps, une certaine réticence à l’égard de la filière de production de fourrures que Quentin Véron décide de revoir fondamentalement son métier. « J’aime ce que je fais, mais le plaisir est dans l’artisanat ! et ce plaisir est entaché par l’arrière pensée, lancinante, que, bien sûr, des bêtes ont été élevées en masse pour leurs peaux. »

Sans verser dans l’antispécisme ni les discours banalisant l’élevage de la filière, il existe une troisième voie, qui relève du bon sens, consistant à exploiter les stocks colossaux de fourrure qui dorment.

« UP-CYCLING VERTUEUX »
Une fourrure peut avoir neuf vies : démontées, lavées, traitées et reconditionnées, ces pièces représentent une source de matière première de qualité équivalente au neuf, à des prix très inférieurs et sans abattage de nouvelles bêtes !
C’est un up-cycling vertueux : « au delà de ma propre marque, VQ, fabriquée exclusivement à partir de manteaux anciens,  je projette de fonder une fabrique consacrée à la production de peaux reconditionnées à partir de pièces de seconde main. Je veux créer une source de matière première intelligente, sans abattage.»

photos: Clément Stalhberger